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Du village à la ville

Quand j’étais jeune, j’ai toujours apprécié la vie dans un village, mais maintenant que j’habite en ville, j’aime aussi l’agitation et les sorties, impossibles à imaginer pour moi quand je vivais à la campagne. Mon seul moyen de transport, pendant des années, fut mon vélo. Je l’enfourchais pour rejoindre mes amis, et nous vivions de grandes aventures, imaginaires, dans les bois et les champs. Petits, nous construisions des cabanes, des abris de fortune, des huttes. En grandissant, j’ai abandonné ces occupations pour me tourner vers le sport et les études. Je suis parti du domicile familial pour me lancer dans la vie active, et j’ai connu la vie urbaine à partir de ce moment. Au début, j’étais un peu perdu. Les multiples rues, un dédale inextricable pour les non-initiés, je les ai connues tout doucement. Connaître chaque quartier me demanda plus d’un an. 

Lorsque j’ai accompagné ma conjointe, qui devait visiter la résidence le symbiose avec sa grand-mère, j’ai fait un détour en revenant. Je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir cette partie de la périphérie. Guidé par la voix électronique féminine de mon assistant de navigation personnel, mes pérégrinations m’ont amené à la découverte des lieux insolites. J’ai noté leurs coordonnées pour les retrouver plus aisément. Je n’avais aucune obligation pour la fin de journée, puisque ma conjointe dormait chez ses parents. Vers sept heures du soir, j’ai trouvé un modeste restaurant. Leurs grillades étaient tendres et cuites à point, les légumes de la salade composée étaient frais et pleins de goût. J’ai d’ailleurs laissé un commentaire élogieux sur leur site Internet.

La nuit était tombée, quand j’ai ouvert la porte de l’appartement. J’ai appuyé sur le commutateur électrique et la lumière a inondé le salon. J’entendis un objet lourd tomber et dévaler les escaliers de la mezzanine. Un chat était entré par la fenêtre de la cuisine, restée ouverte. Apparemment, il était resté toute la journée dans mon logement. Je l’ai reconnu tout de suite. C’était l’animal de compagnie de ma voisine. Elle était partie trois jours. Sa sœur était venue pour le nourrir, le matin même. Je l’avais croisée dans l’entrée de l’immeuble. J’ai appelé Flocon, le chat blanc porte bien son nom, et il est venu vers moi. La seule solution, pour l’instant, était de le garder pour la nuit. Je ne savais pas que ce félin reviendrait souvent, et que je finirais par l’adopter définitivement.

 

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Célibataire à mi-temps, professeur de français intérimaire, je me consacre à l’écriture de nouvelles depuis plusieurs années. Entre les remous de ma vie amoureuse, professionnelle et familiale ma vie est souvent chamboulée. Laissez-vous attirer par le charme de mes tribulations hebdomadaires.