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Ernest

Ernest - Stef Perreault

C’était une froide soirée d’hiver et je m’étais endormi sur mon canapé devant l’écran de télévision allumé. Ce qui me réveilla fut mon chat qui grognait. Le paisible animal n’avait jamais manifesté, jusqu’à maintenant, d’agressivité. Je me levais, un peu inquiet. Dehors, la neige était tombée et elle recouvrait les toits de la ville, que je vois de ma baie vitrée. Je m’avançais dans l’appartement non-éclairé, et je me pris les pieds dans un objet mou. C’était mon chat, recroquevillé à mes pieds. Je me baissais pour le caresser, mais son grognement recommença. Je lui dis quelques paroles apaisantes et je me relevais. J’entendis un bruit dans la cuisine. J’étais de moins en moins rassuré. Heureusement, j’avais une grosse lampe torche que j’avais eu sur un très bon site. J’y étais parvenu par le biais d’une publicité sur le web.

J’allumais la torche à hauteur d’homme, mais je ne vis rien. Pourtant, dans la cuisine, cela bougeait. J’abaissais le faisceau de la lampe, et je vis une silhouette de rat. Il était assez imposant et j’allais chercher mon balai pour le chasser. Mais où irait-il ? Vers quel lieu pouvais-je le chasser ? J’étais bien en peine de trouver. Au passage, je rabrouais mon chat, mais en même temps que je lui parlais, je me rendais compte que mon animal de compagnie n’avait jamais chassé de toute sa vie et que l’intrus était trop gros pour mon frêle matou. Ce chat est toujours resté petit et fin, il n’aurait jamais pu avoir raison du rat, presque plus gros que lui.

Quelle nuit j’ai passée ! C’était un chassé-croisé entre le rat, le chat et moi. En désespoir de cause, j’avais choisi de le mettre dans une cage, celle dont je me sers pour emmener mon chat chez le vétérinaire. L’odeur du félin ne devait pas plaire au rat, il fit beaucoup de manières avant d’entrer dans la boîte. Je rabattis, enfin, le couvercle ; l’animal était pris au piège. Le soleil se lèverait dans une heure, environ, mais je ne savais pas ce que j’allais faire du rat. Je me souvins qu’une jeune fille avait emménagé dans l’immeuble où j’habite au mois de septembre dernier, et qu’elle suivait des cours pour devenir vétérinaire. Nous avions discuté quand elle avait su que j’avais un chat. Je me permis de sonner à la porte de la demoiselle, qui m’ouvrit. À ma grande surprise, elle prit le rat et elle le nomma Ernest.

 

The author:

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Célibataire à mi-temps, professeur de français intérimaire, je me consacre à l’écriture de nouvelles depuis plusieurs années. Entre les remous de ma vie amoureuse, professionnelle et familiale ma vie est souvent chamboulée. Laissez-vous attirer par le charme de mes tribulations hebdomadaires.