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Et si seulement… !

Et si seulement… ! - Stef Perreault

Dans ma jeunesse, et cela, depuis mes années collège, j’étais du genre timide. Un physique squelettique avec des boutons qui me couvraient la totalité du visage, on me comparait souvent à une machine à calculer. Durant mes années d’université, je n’avais pas changé, malgré la présence d’une petite barbe qui cachait les restes de mes boutons. Mais les appareils dentaires que j’ai portés jusqu’à mes 22 ans, avaient encore plus terni le charme que je n’avais pas.  Et là, de machine à calculer, j’étais devenu, le barbu aux dents d’acier pour mes amis. Il va sans dire que je n’avais pas la cote auprès des filles. Par ailleurs, je n’étais pas vraiment doué dans les études, mais je n’étais pas le plus nul non plus. Alors, en prenant un petit break dans un salon de thé, ce matin, j’ai revu une ancienne de mon groupe en administration des affaires, à l’université que j’ai fréquenté. En levant les yeux, je l’ai vu qui traversait le rideau extérieur terrasse du salon, sans doute qu’elle a pris une collation comme moi sur la terrasse. Donc, en la revoyant, j’ai baissé les yeux pour qu’elle ne me voie pas. En effet, j’étais resté timide tout ce temps. Peut-être est-ce la raison qu’à mon âge, je sois encore célibataire. Ainsi, voyant que je ne l’ai pas regardée, elle, elle s’est souvenue de moi et c’est approché. Elle a engagé la conversation et moi, je ne faisais que bégayer pour la répondre, tout en sirotant mon café qui était encore trop chaud pour être bu. Mais à un moment donné, elle me lança, « tu sais, il fut un temps où j’avais le béguin pour toi ! Tu ne parlais à personne, tu évitais tout le monde, mais moi, je t’aimais bien. Je voulais même sortir avec toi ! » J’ai failli m’étouffer avec mon café. Je ne savais pas que quelqu’un m’appréciait en ce temps-là. Et là, elle rajoute, « avec ta barbe, je te trouvais mignon et ta timidité m’avait rassuré que si je sortais avec toi, j’étais sûre de tomber enfin dans une relation sérieuse ! » Cette remarque m’a tout autant surpris. En fin de compte, j’aurais pu sortir avec quelqu’un et construire une relation sérieuse. En entendant ces propos, je n’avais toujours pas dit un mot, quand elle finit « mais bon ! Aujourd’hui, je suis mariée et toi, je suppose que tu l’es aussi ! » Cette dernière phrase m’a enfin fait réagir, et je lui ai répondu que non, je ne l’étais pas. Elle a trouvé ceci dommage et moi, j’ai regretté ma timidité du passé. En effet, j’avais aussi de l’œil pour elle. Cependant, depuis ce moment, nous sommes devenus de bons amis. Elle m’a présenté à quelques-unes de ses amies, avec qui, un jour, j’espère trouver mon idéale.

 

The author:

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Célibataire à mi-temps, professeur de français intérimaire, je me consacre à l’écriture de nouvelles depuis plusieurs années. Entre les remous de ma vie amoureuse, professionnelle et familiale ma vie est souvent chamboulée. Laissez-vous attirer par le charme de mes tribulations hebdomadaires.