• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Je me lance, ou non...

Je me lance, ou non... - Stef Perreault

J’avais visité une maison qui m’avait tant plu, que je me demandais si je ne lançais pas, bientôt, dans les formalités pour l’acquérir. En regardant une annonce sur Internet, j’avais été attiré par une demeure d’architecte, dans un lieu que je connaissais. En effet, ma mère avait habité près de cette demeure. J’avais encore en tête la grande entrée, et les espaces immenses, le salon vitré dont la vue était charmante. Tout était fait de bois et d’ardoise, une construction typique du milieu du vingtième siècle. J’étais intrigué par sa mise en vente et curieux de voir ce que les propriétaires en avaient fait. Je n’avais pas pénétré dans cette maison depuis au moins quinze ans, peut-être même vingt. J’envoyais un message à l’agence immobilière pour prendre un rendez-vous. Je voulais visiter cette habitation avant qu’elle soit vendue et que je ne puisse plus pénétrer dedans.

J’appelais ma sœur pour savoir si elle souhaitait venir avec moi pour la visite. Elle m’avait souvent parlé de cette maison, et ses souvenirs lui étaient restés de façon très vive. Nous y étions invités lorsque nous étions au début de notre adolescence. Les propriétaires avaient deux fils. Nous étions amis, même si les garçons n’allaient pas dans la même école que nous. Comme nous étions voisins, nous passions à travers un trou dans le grillage pour nous voir en cachette. Ensuite, la maison changea de propriétaire, et nous avions perdu de vue nos amis. J’étais sûr que ma sœur serait enchantée de revoir la maison, tout autant que moi.

Elle m’informa qu’elle avait un soin pour sa couperose et qu’elle passerait ensuite me voir. Elle dormirait chez moi, puis nous irions, le lendemain matin, visiter la demeure. Dès le début du trajet, ma sœur me parla de tout ce dont elle se souvenait. Elle voyait bien que j’avais des souvenirs plus précis que moi. Quand nous sommes arrivés devant la façade, ma mémoire me revint. C’était comme si je venais de faire un bond dans le temps. Le courtier nous fit entrer en commençant son boniment, que je n’entendais que faiblement. J’avais oublié comme cette maison était belle. La piscine intérieure était de toute beauté, le bar au sous-sol, avait des décorations inspirées de l’Inde absolument incroyables. L’ambiance « mille et une nuits » était exceptionnelle. Je ne pus m’empêcher de demander le prix de la maison. Celui qui me fut annoncé rentrait dans les moyens financiers que j’avais.

 

The author:

author

Célibataire à mi-temps, professeur de français intérimaire, je me consacre à l’écriture de nouvelles depuis plusieurs années. Entre les remous de ma vie amoureuse, professionnelle et familiale ma vie est souvent chamboulée. Laissez-vous attirer par le charme de mes tribulations hebdomadaires.